SEMPRUN Jorge

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Jorge Semprún Maura, né le 10 décembre 1923 à Madrid (Espagne) et mort le 7 juin 2011 à Paris1,2, est un écrivain, scénariste et homme politique espagnol dont l'essentiel de l'œuvre littéraire est rédigé en français. Il est inhumé « dans le drapeau républicain espagnol » à Garentreville, en Seine-et-Marne3.
Jorge Semprún Maura, né le 10 décembre 1923 à Madrid (Espagne) et mort le 7 juin 2011 à Paris1,2, est un écrivain, scénariste et homme politique espagnol dont l'essentiel de l'œuvre littéraire est rédigé en français. Il est inhumé « dans le drapeau républicain espagnol » à Garentreville, en Seine-et-Marne3.
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En 2007, il reçoit la Médaille d'or du mérite des beaux-arts par le Ministère de l'Éducation, de la Culture et des Sports21.
En 2007, il reçoit la Médaille d'or du mérite des beaux-arts par le Ministère de l'Éducation, de la Culture et des Sports21.
La promotion du baccalauréat 2014 du lycée Henri-IV portera le nom de Jorge Semprún afin de rendre hommage à son prestigieux ancien élève.
La promotion du baccalauréat 2014 du lycée Henri-IV portera le nom de Jorge Semprún afin de rendre hommage à son prestigieux ancien élève.
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Version du 8 avril 2016 à 15:12

Image:Semprun.jpg Jorge Semprún Maura, né le 10 décembre 1923 à Madrid (Espagne) et mort le 7 juin 2011 à Paris1,2, est un écrivain, scénariste et homme politique espagnol dont l'essentiel de l'œuvre littéraire est rédigé en français. Il est inhumé « dans le drapeau républicain espagnol » à Garentreville, en Seine-et-Marne3.


Biographie[modifier | modifier le code] Jorge Semprún est issu d'une famille de la grande bourgeoisie espagnole. Sa mère, Susana Maura (morte en 1932), est la fille de l'homme politique libéral des années 1880-1925, Antonio Maura, président du gouvernement espagnol, et la sœur de Miguel Maura, ministre et républicain modéré. Son père, José María Semprún (1893-1966), catholique et républicain, avocat et professeur de droit, a occupé pendant la deuxième république des fonctions de gouverneur civil de province (Tolède, Santander). Durant la Guerre civile espagnole, il fut diplomate au service de la République espagnole à la Haye4[réf. insuffisante]. En 1939, après la défaite des Républicains, ses parents s'établissent définitivement en France.

Période de la guerre d'Espagne Pendant le déclenchement de la Guerre d'Espagne, en juillet 1936, la famille se trouve en vacances à Lekeitio, près de Bilbao ; elle gagne Bayonne en bateau, séjourne d'abord à Lestelle-BétharramN 1 (Pyrénées-Atlantiques) dans la maison de Jean-Marie Soutou, un proche d'Esprit, revue dont José María Semprún était correspondant en Espagne, puis dans la région de Genève où il se voit offrir un poste diplomatique[réf. nécessaire] : du début de 1937 à février 1939, il représente la République espagnole aux Pays-Bas. Jorge et ses six frères et sœurs passent donc deux ans dans ce pays ; Jorge est scolarisé dans un lycée local et maîtrise, à cette époque, le néerlandais.

Exil en France Après la fermeture de la légation républicaine à La Haye, la famille s'exile en France ; Jorge termine ses études secondaires au lycée Henri-IV, à Paris ; il participe à la manifestation patriotique du 11 novembre 1940 ; en 1941, il obtient le 2e prix de philosophie au Concours général et est reçu au baccalauréat, puis commence des études de philosophie à la Sorbonne.

Résistance Il rejoint aussi la Résistance. Il entre en contact avec le réseau communiste des Francs-tireurs et partisans-Main-d'œuvre ouvrière immigrée (FTP-MOI) et entre au Parti communiste d'Espagne (PCE) en 1942. Mais il intègre, avec l'accord de la MOI, le réseau Jean-Marie Action, qui relève de l'organisation Buckmaster, c'est-à-dire la section France des services secrets britanniques (SOE). Ce réseau, dirigé par Henri Frager, opère en Bourgogne en réceptionnant les parachutages d'armes et en les répartissant dans les maquis de l'Yonne et de la Côte-d'Or.

Déportation En septembre 1943, Jorge Semprún est arrêté par la Gestapo à Joigny et, après un séjour à la prison d'Auxerre, déporté au camp de concentration de Buchenwald. Après la période de quarantaine dans le Petit Camp, il est affecté par l'organisation communiste clandestine du camp à l'Arbeitsstatistik (l'administration du travail), sans toutefois entrer dans la catégorie des détenus privilégiés (Prominenten).

Dans cette organisation, il a pour supérieurs de futurs cadres des démocraties populaires : Josef Frank, Ladislav Holdos, Ernst Busse, Walter Bartel, Willi Seifert (kapo de l' Arbeitsstatistik). Pour le compte du PCE, dont le leader dans le camp est Jaime Nieto (dit « Bolados »), il est chargé d'organiser des activités culturelles pour les déportés espagnols. Par ailleurs, il a l'occasion (pendant la demi-journée de repos du dimanche après-midi) de fréquenter le sociologue Maurice Halbwachs ainsi que le sinologue Henri Maspero, eux aussi détenus à Buchenwald, jusqu'à ce qu'ils y meurent : Maurice Halbwachs décédera à cause de la dysenterie.

Peu avant l'arrivée des troupes américaines du général Patton, il participe au soulèvement des déportés. Le camp est libéré le 11 avril 1945 ; Jorge Semprún est évacué le 26 et est de retour à Paris à la fin du mois.

Retour à la vie civile Le retour à la vie civile va être très difficile, avec notamment l'incident de sa chute de train à l'arrivée en gare de Saint-Prix (où habite son père) en août 1945. Il commence ensuite à mettre par écrit ses souvenirs de Buchenwald mais, séjournant dans le canton suisse du Tessin avec la famille de sa sœur Maribel (d'octobre 1945 à janvier 1946), il se rend compte que la poursuite de ce travail le met en danger. Il prend alors la décision non seulement d'y mettre fin, mais encore de ne plus repenser à ce qui s'est passé durant ces années (il parle d'« amnésie volontaire »).

En 1947, il a un fils, Jaime, avec la comédienne Loleh Bellon12.

Parti communiste d'Espagne[modifier | modifier le code] Il reste un membre actif du PCE. Pendant quelques années, il milite tout en travaillant, principalement comme traducteur à l'UNESCO. En 1952, il devient permanent du partiN 12 affecté au travail clandestin en Espagne.

De 1953 à 1962, il coordonne la résistance communiste au régime de Franco, faisant plusieurs longs séjours en Espagne sous différents pseudonymes, notamment celui de « Federico Sánchez ». Il est plus particulièrement chargé des relations avec les milieux intellectuels.

Il entre au Comité central du PCE en 1954 puis au Comité exécutif (Bureau politique) en 1956. Il effectue aussi plusieurs missions dans les pays de l'Est, en particulier auprès de Dolores Ibárruri, Secrétaire général du parti : en janvier 1956, à Bucarest ; et de nouveau en 1959, à Ouspenskoie (URSS), avec Santiago Carrillo : c'est à ce moment que Dolores Ibárruri annonce à ses visiteurs sa démission du poste de Secrétaire général.

En 1962, Santiago Carrillo, devenu Secrétaire général, décide de le retirer du travail clandestin en Espagne.

Il est exclu du parti en 1964, en même temps que Fernando Claudín. La raison invoquée est : « divergence de point de vue par rapport à la ligne du Parti13. » À partir de ce moment, il se consacre principalement à l'écriture.

Action politique après 1964 En 1966, il demande aux autorités espagnoles un passeport officiel qui lui est accordé avec réticence, compte tenu de son passé. Il peut ainsi circuler librement entre l'Espagne et la France où il continue de résider. En 1969, Jorge Semprún participe à la création des éditions Champ Libre aux côtés de Gérard Lebovici.

Épisode important de 1988 à 1991 : Jorge Semprún occupe le poste de ministre de la Culture dans le gouvernement socialiste de Felipe González. Dans cette fonction, il se trouve très vite en conflit larvé avec Alfonso Guerra, le leader en second du PSOE, le Parti socialiste ouvrier espagnol ; en 1991, il est amené à quitter le gouvernement, Felipe González ayant décidé de couvrir des pratiques discutables d'Alfonso Guerra.

En 1989, il participe à la veillée funèbre de Dolores Ibárruri, ainsi que Fernando Claudín.

Œuvre littéraire L'œuvre romanesque de Jorge Semprun se répartit autour de quelques thèmes et des grands événements qui ont émaillé son existence. Beaucoup de ses ouvrages éminemment autobiographiques sont des témoignages, des réflexions sur la terrible expérience qu'il a vécue dans les locaux de la Gestapo à Paris, puis dans le camp de Buchenwald et sa difficile réadaptation : Le Grand Voyage, L'Évanouissement, Quel beau dimanche, Le mort qu'il faut, L'Écriture ou la Vie et Vingt Ans et un jour.

D'autres retracent plutôt son parcours clandestin à l'époque du franquisme quand il était un membre éminent du PCE : Autobiographie de Federico Sanchez et La Deuxième Mort de Ramon Mercader.

Une autre catégorie importante concerne sa vie d'exilé en France et les années de l'après-franquisme : Adieu vive clarté..., Montand la vie continue, L'Algarabie, La Montagne blanche et Federico Sánchez vous salue bien.

Semprun affirme qu'après une tentative à la fin de 1945, il lui a été impossible d'écrire pendant une vingtaine d'années quoi que ce soit sur son expérience de déporté, afin de sauvegarder sa propre existence, mise en danger par l'écriture de l'indicible. En revanche, il a écrit sur d'autres sujets ; lui-même cite dans l'Autobiographie de Federico Sanchez quelques textes de ceux qu'il a écrits durant cette période. C'est le cas par exemple de Soledad, une pièce de théâtre d'orientation communiste, ainsi que de nombreux poèmes, relevant du culte de la personnalité. Il ne considère cependant pas ces productions comme pourvues d'un grand intérêt et ne les cite que comme reflets d'une période politique, celle du stalinisme triomphant. En tout état de cause, avant Le Grand Voyage, l'activité d'écriture littéraire occupe une place très limitée dans son existence.

Œuvres[modifier | modifier le code] 1963 : Le Grand Voyage - prix Formentor ; prix littéraire de la Résistance 1967 : L'Évanouissement 1969 : La Deuxième Mort de Ramón Mercader - prix Femina 1976 : Autobiografía de Federico Sánchez (Autobiographie de Federico Sánchez) - prix Planeta 1977 1980 : Quel beau dimanche 1981 : L'Algarabie 1983 : Montand la vie continue, Denoël 1986 : La Montagne blanche 1987 : Netchaïev est de retour 1993 : Federico Sánchez vous salue bien 1994 : L'Écriture ou la Vie - prix Femina Vacaresco 1995 : Mal et Modernité 1995 : Se taire est impossible, avec Elie Wiesel 1998 : Adieu, vive clarté 1998 : Le Retour de Carola Neher et le Manteau d'Arlequin 2001 : Le Mort qu'il faut - prix des Charmettes/J.-J. Rousseau 2001 2002 : Les Sandales, Mercure de France, (ISBN 2715223676)16, 2003 : Veinte años y un día (Vingt ans et un jour) 2005 : L'Homme européen, avec Dominique de Villepin, collection Tempus, Perrin, 2006, Paris, (ISBN 2-262-02395-6) 2008 : Où va la gauche ?, Flammarion 2010 : Une tombe au creux des nuages. Essais sur l'Europe d'hier et d'aujourd'hui17, collection Climats, Flammarion 2012 : Exercices de survie, Gallimard18 2013 : Le langage est ma patrie, Éditions Buchet/Chastel Autres ouvrages[modifier | modifier le code] Une morale de résistance : Husseri, Bloch, Orwell, Jorge Semprun, Bibliothèque nationale de France, 10/2002 Grandeur et modestie de l'engagement, Jorge Semprun, Éditions Descartes et Cie, 11/2005 De l'exil à l'oubli : Camps de réfugiés espagnols en France (1936-1939), Jorge Semprun, Éditions Hugo et Compagnie, 02/2006 Picasso : L'homme aux mille masques, Jorge Semprun, Maria Teresa Ocaña, Jean-Paul Barbier-Mueller, Pierre Daix, Éditions Somogy, 05/2006 Espagnol : Collège / Lycée, Jorge Semprun, Annie Bertrand, Malika Cessac, Andrée Paul, Éditions De La Cite, 08/2004 Chroniques d'ailleurs, Paul Steinberg, Jorge Semprun, Éditions Ramsay, 01/2007 Articles[modifier | modifier le code] « Léon Blum et le oui à l'Europe », Jorge Semprun, Le Nouvel Observateur, article du 31 mars 2005 en pages 40–42 Résumé : Point de vue en 2005, de Jorge Semprun sur la constitution européenne en rappelant l'engagement de Léon Blum pour l'Europe dès 1948 avec extraits de textes de Léon Blum. « L'indicible, c'est ce qu'on ne peut pas taire », Jorge Semprun et Alexandre Lacroix, article dans Philo Éditions, avril 2006 Résumé : À partir de la sortie du film Être sans destin adapté par l'auteur du livre Imre Kertész, Jorge Semprun réfléchit sur les difficultés d'adaptation et de la diffusion de l'expérience concentrationnaire. « El frentismo todavía lastra a España », Jorge Semprun et Lluis Amiguet, Société maubeugeoise d'édition, 18/04/2007 Résumé : Lors d'une interview, Semprun compare la vie politique en France et en Espagne. Œuvre cinématographique[modifier | modifier le code] Filmographie[modifier | modifier le code]

Costa-Gavras vers 1970. Scénariste, sauf mention particulière

1966 : Objectif 500 millions de Pierre Schoendoerffer 1966 : La Guerre est finie d'Alain Resnais 1969 : Z de Costa-Gavras 1970 : L'Aveu de Costa-Gavras 1972 : L'Attentat d'Yves Boisset 1974 : Les Deux mémoires : réalisation et scénarioN 14 1974 : Stavisky d'Alain Resnais 1975 : Section spéciale de Costa-Gavras 1976 : Une femme à sa fenêtre de Pierre Granier-Deferre 1978 : Les Routes du sud de Joseph Losey 1986 : Les Trottoirs de Saturne de Hugo Santiago 1991 : Netchaïev est de retour de Jacques Deray : adaptation de son roman par Dan Franck et Jacques Deray 1995 : L'Affaire Dreyfus d'Yves Boisset (TV) 1997 : K d'Alexandre Arcady 2010 : Ah, c'était ça la vie ! de Franck Apprederis (TV) 2011 : Le Temps du silence de Franck Apprederis (TV) Divers[modifier | modifier le code] 1967 : Je t'aime, je t'aime d'Alain Resnais (rôle) 1998 : Che : Muerte de la utopia ? documentaire de Fernando Birri (témoignage) 2005 : Dionisio Ridruejo, la forja de un demócrata documentaire de Pilar Serrano (témoignage) 2008 : Bucarest, la memòria perduda documentaire d'Albert Solé (témoignage) 2009 : La Traversée du désir d'Arielle Dombasle (témoignage) 2009 : Les Chemins de la mémoire (Los caminos de la memoria) documentaire de José Luis Peñafuerte (témoignage) Prix et reconnaissance[modifier | modifier le code] Jorge Semprún a écrit des romans, des récits autobiographiques, des pièces de théâtre et des scénarios, pour lesquels il a reçu plusieurs récompenses. Un thème récurrent de son œuvre est la dénonciation de l'horreur de la guerre, et notamment des camps de concentration.

1964 : prix littéraire de la Résistance pour Le Grand Voyage 1969 : prix Femina pour La Deuxième Mort de Ramón Mercader 1970 : prix Edgar-Allan-Poe du meilleur scénario pour Z 1994 : prix de la Paix des éditeurs et libraires allemands pour L'Écriture ou la Vie 1994 : prix Fémina Vacaresco pour L'Écriture ou la Vie 1995 : prix littéraire des droits de l'Homme pour L'Écriture ou la Vie 1995 : Prix Louis Guilloux pour L'Écriture ou la Vie 1995 : prix de la ville de Weimar 1996 : élection à l'académie GoncourtN 15 1999 : prix Nonino (Italie) 2000 : docteur honoris causa de l'université Paris-Est Marne-la-Vallée 2001 : prix Jean-Monnet de littérature européenne du département de Charente20 pour son ouvrage Le mort qu'il faut 2004 : prix Ulysse pour l'ensemble de son œuvre 30 novembre 2007 : docteur honoris causa de l'université Rennes 2 Haute Bretagne et de l'université catholique de Louvain-la-Neuve en 2005. En 2007, il reçoit la Médaille d'or du mérite des beaux-arts par le Ministère de l'Éducation, de la Culture et des Sports21. La promotion du baccalauréat 2014 du lycée Henri-IV portera le nom de Jorge Semprún afin de rendre hommage à son prestigieux ancien élève. --MicheleTillard 8 avril 2016 à 17:12 (CEST)